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L'HISTOIRE DE LA COMMUNE DE SAINTE CATHERINE
Les premières élections de Sainte Catherine - Notre Ecusson et notre logo- Le préventorium - Les Albums de Croÿ - L'Eglise

Les premières élections de Sainte-Catherine (Retour aux choix)

Le 26 février 1790, la généralité d'Artois, Boulonais et Calaisis devenaient département du Pas de Calais. Le 31 juillet 1790, l'administration départementale prenait en compte 930 communes soit environ un demi millier d'hectares. Ces informations sont connues grâce au recueil "Villes et Villages du Pas de Calais en 1790", "Mémoire de la commission d'histoire et d'archéologie du Pas de Calais", Tome 26. Elles sont le fruit de l'exploitation et du dépouillement des réponses au "questionnaire de 1790", commencé par le Chamoine Berthe il y a environ 40 ans. 60 articles constituaient ce questionnaire voulu par Fernand Dubois de Fosseux en septembre 1790. Dès janvier 1790, dans tous les bourgs, les villes, les paroisses ou communautés de France, les hommes de plus de 25 ans payant l'équivalent de trois journées de travail en impôt s'apprêtent à élire leur municipalité. Extrait des 60 questions posés aux municipalités : * Procès verbal de la formation de la nouvelle municipalité. Sainte Catherine (le 18 septembre 1790), municipalité du pouvoir Demencourt, paroisse de Sainte-Catherine les Arras. Les élections se sont déroulées le 7 et 8 février 1790. L'assemblée s'est réunie dans l'Eglise. Elle était constituée de 61 citoyens actifs. Le bureau s'est formé le 7 février : * Président : Pierre Garin * Secrétaires : Philippe Petit, Pierre Capron et Philippe Gaffet. Le 8 février, élection de la Municipalité. Résultat : Maire : Leclercq Jean-François (Laboureur). Officiers municipaux : Wacle Augustin Joël (Marchand), Petit Philippe (Marchand), Lerisson Joseph (Laboureur), Duprelle Louis (Marchand), Dupont Jean-Baptiste (Aubergiste).


La population de la Commune était alors composée de 510 habitants

Au 1er janvier 2009, la Commune compte 3 447 habitants.(Retour aux choix)




L'histoire de notre Ecusson (Retour aux choix)

Il est constitué à partir du blason de l'Abbaye Saint Vaast. Il comporte une croix d'or sur fond de gueule*, et une roue de gueule sur fond d'argent. Sous le blason, à la pointe, la croix de guerre est représentée pour rappeler le martyre du village bombardé et pratiquement détruit au cours de la guerre 14-18. De chaque côté du blason, à droite, l'épi de blé, symbole de prospérité pour honorer l'agriculture, à gauche, les feuilles de vigne pour rappeler une culture de vignobles en vigueur dès le IXème siècle et jusqu'au Xlllème siècle, sur les hauteurs de Sainte Catherine et des environs d'Arras. Sous l'écusson, une palme attribuée aux martyres, pour rappeler la mort de Sainte Catherine d'Alexandrie qui subit le supplice de la roue et de la décapitation.  *Rouge

Notre Logo
Celui d'un enfant souriant devant un tableau vert, où Sainte Catherine est soulignée de bleu et de vert. Ces symboles sont directement inspirés : - Par un paysage dont le relief descend jusqu'aux rives verdoyantes de la Scarpe - Par un enfant devenu " Mascotte " de Sainte Catherine et symbole de vie, de bonheur et d'avenir.
- Par l'écriture classique en blanc du nom de notre village, une couleur apportant stabilité et sérénité.

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Le préventorium (actuelle Charmille) (Retour aux choix)

"Située sur les flancs d'un coteau très heureusement orienté, protégée contre les grands vents du nord, captant du matin au soir les rayons du soleil bienfaisant, un air très pur y circule sans obstacle. Elle présente la plus belle vue des environs d'Arras. De là haut, le regard s'étend sur la verdoyante vallée de la Scarpe qui serpente au pied de la colline. Toute la ville d'Arras lui fait un fond de tableau magnifique."

C'est en ces termes que Monseigneur Hoguet, vicaire général et secrétaire de l'œuvre du Préventorium présentait la "Maison des soeurs de Sainte-Agnès ou Préventorium de Sainte-Catherine le 6 juillet 1935 lors de son inauguration en tant que centre de soins et de convalescence pour les enfants atteints de "maladies pulmonaires contagieuses" par décret paru au journal officiel du 14 avril 1935.

Depuis sa création en 1924, ce n'était qu'une maison de repos. Elle appartenait aux soeurs Sainte-Agnès d'Arras. Elle n'était agréable à cette époque que par sa situation géographique. En effet, le terrain avait été bouleversé par la première guerre mondiale et rien ne permettait de réaliser des travaux importants. Depuis 1926 ; la maison recevait des "enfants chétifs". A cette époque fut créée une association légale, constituée de Monsieur Joseph Jardel, Monseigneur Hoguet, les docteurs Vaillant, Brassart et Monsieur Paul Rohart. C'était sœur Marie-Paul, supérieure de l'ordre de Sainte-Agnès assistée de sœur Marthe, qui en était la directrice.

A partir de 1926, elle a fait, tous les jours, pendant 10 ans, la route à pieds pour venir de la place Sainte Etienne à Arras, où était le siège de sa communauté, jusqu'au préventorium. De nombreux changements étaient intervenus depuis 1926 jusqu'au jour de l'inauguration, le 6 juillet 1935. Le grand bâtiment central qui domine la chaussée Brunehaut a été construit pour l'inauguration et se glisse ainsi entre les deux petits bâtiments des extrémités élevées au lendemain de la guerre. Au rez-de-chaussée du bâtiment, un réfectoire, au premier étage, cinq dortoirs de 30 lits et cinq classes reçoivent les enfants ayant l'âge de la scolarité obligatoire. Un solarium est construit, surmonté d'une tour et d'un cadran solaire. Dans ce bâtiment, il y aura une salle de radiographie et une salle d'héliothérapie. Un petit pavillon d'isolement accueille les enfants dont l'état de santé nécessite qu'ils soient hors de contact du public. Au centre de la propriété, une chapelle est élevée dans le but d'être "un lieu de repos pour tous". En haut de la propriété à été réalisée une salle pour bains et douches avec dit-on les "dernières données pratiques".

Trois importants discours ont été prononcés lors de l'inauguration présidée par son Excellence Monseigneur Dutoit, évêque d'Arras,qui dit sa joie lors d'une telle fête et remercia les soeurs de Sainte-Agnès ;

 

- le premier discours fut celui de Monsieur Paul Rohart, président du Conseil d'Administration du Préventorium. Il fit surtout l'éloge de Sœur Marie-Paule.

- le second discours fut celui du Maire, Monsieur Plouviez. Il fit appel à de nouveaux, généreux et nombreux donateurs.

- le troisième discours fut prononcé par Monseigneur Hoguet qui rappela que le réfectoire était un don de Monsieur et Madame Paul Rohart après le décès de leur enfant : les ultra violets : un don de monsieur Paul Jardel ; le dortoir un don de Madame Cordonnier Wartelle en souvenir de ses enfants décédés. Il fit encore allusion aux nombreux donateurs anonymes et évoqua les subventions officiels du Conseil Général et de l'Etat. Enfin Monsieur Rochard, Préfet du Pas-de-Calais félicita Monsieur Duffetel, architecte et Monsieur Peulaboeuf constructeur qui, selon lui, oublia souvent de faire honorer ses factures.

La fête d'inauguration se termina par une réception des personnalités ; préparée de nombreux jours à l'avance par sœur Marie-Paule et les 200 enfants qui depuis plusieurs jours ne dormaient pas au Préventorium pour que tout soit impeccable le 6 juillet après midi. Musique et chants clôturèrent le spectacle de cette journée. (Retour aux choix)



Les Albums de Croÿ (Retour aux choix)

Si, nombreux sont les témoignages importants pour la découverte de notre patrimoine, celui des "albums" du Duc Charles de Croÿ (dont la découverte a été révélée au public entre 1956 et 1981) est un des plus marquants pour la connaissance topographique des villes et des villages des anciens Pays-Bas Espagnols au tournant des XVIème et XVIIème siècles.

Charles de Croÿ naquit le 1er juillet 1560 au Château de Beaumont. Le 3 septembre 1580, il épousa en premières noces Marie de Brimeau, riche héritière picarde, calviniste, de dix ans son aînée et qui aura une très grande influence sur lui. A la mort de son père, en 1595 il est en possession de tous les domaines de la maison de Croÿ (il a en effet épousé en secondes noces, après sa séparation d'avec Marie de Brimeu, une cousine de Croÿ). Décédé sans héritier légitime, ses biens furent légués à la famille d'Harenberg.

Collectionneur averti, il possédait : tableaux, manuscrits, monnaies, médailles, etc... Il annota d'ailleurs lui-même des dizaines de milliers de pièces d'archives que sa famille avait accumulé au cours des siècles. C'est ainsi que sont nés les "albums". En effet, en 1590 il a fait dresser un cartulaire des "Cens et rentes" des terres de Comine et d'Halluin qu'il avait recueillies au décès de sa mère. Il en fait de même avec la principauté de Chimay reçue lors de son mariage en 1580.

L'idée lui vint alors de faire reproduire ces plans cadastraux sur du parchemin et d'y adjoindre en correspondance, la vue de chacune des petites localités peinte à la gouache à la manière d'un petit tableau. C'est ainsi que furent réalisés entre 1596 et 1598, 2 gros volumes : 1 pour le Hainaut, 1 pour Brabant, Flandres, Namurois, Artois, Picardie. En 1605, c'est au tour du Comté d'Artois dont il fut gouverneur et capitaine général dès 1597. Enfin de 1608 à 1609, il fait peindre toutes les localités riveraines de la Sambre, de la Lys, de la Scarpe, de l'Escaut : 2500 vues peintes sur des grands folios de parchemins (le tout composant 23 volumes).

A sa mort, les albums furent vendus publiquement à Bruxelles le 19 août 1614. Ainsi furent ils dispersés dans le monde entier par de riches collectionneurs (on en a retrouvé en Autriche, en Russie...)

Aujourd'hui, propriété du Crédit Communal de Belgique, la reproduction en est interdite. Cependant, en 1990 pour célébrer la 125ème anniversaire du Crédit Communal et en collaboration très étroite avec le Conseil Général du Nord - Pas de Calais, une collection a été rééditée sous la direction de Jean-Marie DUVOSQUEL avec la collaboration de nombreux professeurs d'universités (de Lille III en particulier). On y trouve donc dans le tome XXV concernant " les villes et les villages des vallées de la Sambre, de la Lys, de la Scarpe et de l'Escaut ", à la page 238, la planche n°59, entourée d'une sorte de cadre richement décoré à la manière des miniatures, le village de Sainte-Catherine et ses " Fontenis " (fontaines, bien sûr) : une image de Sainte-Catherine à laquelle nous ne sommes pas habitués mais qui n'est pas tout à fait différente de notre ville si l'on veut bien y jeter un regard plus approfondi.

En cartouche, en haut à gauche l'inscription " Sainte-Catherine " en haut à droite l'inscription " Fontenis 2 " La vue est prise du sud est.

Au premier plan, une scène de chasse : un cerf semble-t-il, s'enfuit dans un champ aux récoltes non terminées, pourchassé par 5 chiens, 2 rabatteurs à pied, 2 hommes à cheval.

Au second plan, un important vivier (actuel emplacement de la pescherie, semble-t-il) alimenté par la Scarpe. Vers la droite, les fontaines de Sainte-Catherine " (Les 3 fontaines) " appelées " fontenis ".

Au centre de l'image, l'église paroissiale se dresse, important édifice en pierre. Elle est couverte d'ardoises, et a la forme d'une croix latine. On en voit la tour centrale, carrée avec son étage de cloches, éclairé par 2 fenêtres et surmontée d'un chemin de ronde et d'une toiture pyramidale.

A gauche de la peinture, on croît reconnaître la côte de Sainte-Catherine avec une "Justice" à deux piliers (un gibet). L'artiste n'aurait-il pas pris ici quelques libertés avec la vérité ? En effet, des plans de 1618 nous montrent l'emplacement de la potence sur la route de Saint Pol. Les chemins sont ici totalement gommés et la cense de la Falecque, à droite du moulin à eau est réduite à une petite construction. Dans le village lui-même, apparemment bien fourni en maisons, on n'y voit aucun bâtiment notable.

Cette gouache, comme toutes les autres, a été réalisée par le peintre Adrien de Montigny dont on ne connaît aucune autre oeuvre que les gouaches des albums de Croÿ. Ceci semble bien normal étant donnée la somme de travail que cela a dû représenter. A tous ceux que l'histoire de notre ville intéresse, à tous ceux que l'histoire de nos villes et nos villages intéresse, on ne peut que conseiller d'aller feuilleter et admirer les volumes réédités en 1990, que possèdent nos archives départementales. (Retour aux choix)


L'Eglise (Retour aux choix)

Détruite au cours de la 2ème Guerre Mondiale, l'Eglise de Sainte-Catherine fut entièrement reconstruite au même emplacement. Les dommages de Guerre et, souvenons-nous en, l'aide précieuse de l'Abbé Jean BLAIRE, auparavant Vicaire à la Cathédrale et desservant de la Paroisse depuis 1953, facilitèrent la reconstruction d'une Eglise plus moderne sur les plans de M. J. ROCARD, Architecte Départemental.

D'un style différent de toutes celles qui l'avaient précédée, elle fut inaugurée solennellement, le 7 septembre 1958, par Monseigneur PERRIN, Evêque d'Arras, en présence de Monsieur Jules GOSSE, Maire, des Conseillers Municipaux, de l'Abbé BLAIRE, des fidèles et des invités venus de l'extérieur. Etaient également présents, les représentants des Entreprises qui avaient participé aux travaux : DEJEAN et PONTON, de l'Entreprise Générale ; la SOCOMED pour la charpente métallique et la serrurerie ; Fernand BELIART, pour la menuiserie métallique ; LESOT pour l'éclairage et l'installation électrique des cloches, SEVRETTE pour la peinture et la vitrerie....

Les travaux achevés et l'Eglise inaugurée, tout n'était pas terminé : il restait encore à la "meubler", à lui donner des vitraux, à la décorer, et ces aménagements n'allaient se réaliser que progressivement en fonction des possibilités financières.

L'intérieur, par la pureté de ses formes, le gris de ses murs nus et la lumière diaphane de ses vitraux, était celui d'une Eglise qui avait, dès l'origine, opté pour l'humilité et le dépouillement. Ce choix, propice au recueillement et à la méditation, on le retrouvait dans l'extrême sobriété de la décoration, voulue par l'Abbé BLAIRE, qui se refusait à abriter dans son Eglise des représentations qui font habituellement partie d'une tradition religieuse respectable mais peut-être, parfois, vide de toute spiritualité.

C'est pourquoi le fidèle n'y trouvait, en pénétrant à l'intérieur, aucune statuette colorée. L'Abbé, préférant mettre un certain temps pour achever de la décorer, était résolu à n'y placer que des objets du culte d'une réelle valeur.

Seule, dressée au-dessus du maître -autel, une croix, nue, stylisée, accueillait le visiteur, Le Christ qui lui fut ajouté répondait à son désir de concilier l'art et la religion.

D'inspiration identique, outre la croix processionnelle, deux statues se trouvent à l'intérieur de l'Eglise. Près de l'Entrée, on est accueilli par un bénitier qui n'est autre qu'une meule provenant d'un ancien moulin à grain, se trouve une Sainte-Catherine, en vieux chêne polychrome, malheureusement mutilée par les ans, retrouvée par un ami de l'Abbé BLAIRE dans le grenier d'une Institution religieuse d'Arras. Une autre statue, également en bois de chêne, a trouvé asile dans la chapelle annexe.

C'est dans le respect de sa logique personnelle, que nous devons à l'Abbé BLAIRE les superbes vitraux des Maîtres Verriers, Blanchet et Lesage, et la fourniture et l'installation des Orgues : 2 réalisations qu'il finança, en partie, de ses deniers et avec le profit de diverses manifestations (Kermesses) avant que la générosité des fidèles en permette l'achèvement.

Musicologue averti, il avait créé le prix LARTISIEN qui récompensait, d'un diplôme recherché, le talent de jeunes organistes. Poète à ses heures, il était Chapelain des ROSATI où son humour, parfois teinté d'ironie malicieuse, était plus souvent apprécié que redouté.

De 1971 à 1976, il avait suppléé l'Abbé WACRENIER contraint, pour raison de santé, de quitter la Paroisse-Soeur d'Anzin St Aubin. Nommé Chanoine titulaire au chapitre d'Arras en 1979, les dernières années de son Ministère furent attristées par des soucis de santé et c'est en 1979, après 26 années de fonction sacerdotale qu'il se réfugia, en ermitage à Arras, dans une petite maison de la Cité Pierre BOLLE où il décéda le 20 mai 1983. La Messe de ses funérailles fut dite, le 24 mai, en la Cathédrale d'Arras d'où le défunt fut conduit au cimetière de Sainte-Catherine. Il y repose, avec deux autres prêtres ayant habité la Commune, sous une dalle de marbre noir simple et nue, nue comme les murs de l'Eglise de ses débuts. (Retour aux choix)


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