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JOSEPH QUENTIN

Sa célébrité comme photographe, le taxidermiste Joseph Quentin l'assure en quelques années et il obtient rapidement un prestigieux palmarès : 25 médailles d'or, d'argent et de bronze et une médaille de vermeil, grand module - la plus haute récompense accordée par l'Union nationale des sociétés photographiques de France - viennent récompenser ses œuvres.



Président de la section photographique d'Arras qu'il avait fondée en 1897 et rattachée à l'Union photographique du Pas de Calais, Joseph Quentin sut recueillir pour elle, le parrainage des plus grands noms du Photo-Club, dont celui du président, qui acceptèrent l'hommage de l'artiste provincial en raison de la notoriété dont jouissent dans le monde photographique les travaux si remarquables et si appréciés de monsieur QUENTIN. Joseph-Philibert Quentin naît dans une modeste famille de Neuville-saint-Vaast, le 22 décembre 1857.
Depuis des générations, ses ancêtres y exercent les fonctions de carriers, extrayant la craie afin de la tailler en "blancs" dont on fait les solides manoirs amassés.Il fréquente régulièrement l'école communale jusqu'à 13 ans, âge où la plupart des garçons issus d'un milieu modeste sont placés en apprentissage. "La fin de la guerre de 1870 a vu la fin de mes études..." écrit-il ultérieurement. Mais, nous ne savons quelle formation il reçut alors. Orphelin en 1873, le jeune homme est accueilli chez son oncle, Charles Quentin, qui tient commerce de boucherie à Neuville-Saint-Vaast. De son aïeul Philibert, ménétier et carrier, il apprend l'art du violon qu'il exerce quelque fois dans les bals de ducasses et noces villageoises. Amoureux de la nature et des oiseaux, naturaliste amateur dès 16 ans, le jeune Joseph Quentin ne se sent guère d'attirance pour le métier de boucher. Il préfère utiliser son habilité manuelle aux travaux de cordonnerie. Il apprend la technique du ressemelage, celle plus élaborée, du ressemelage sans clou apparent, enfin la confection des souliers sur mesure. Il est encore cordonnier le 16 novembre 1878, date de son incorporation au 33ème de ligne, régiment d'infanterie cantonné à Arras. A l'issue du service militaire, il reprend le métier de cordonnier et, le 9 février 1880, il épouse Louise Cabaret, jeune fille originaire de Sainte-Catherine-Lès-Arras, qu'il a peut-être rencontrée chez ses cousins et qui lui donne une fille, Elise. La jeune femme décède au domicile conjugal de Neuville-Saint-Vaast le 9 juillet 1882. Ce décès, puis le remariage de Joseph Quentin entraînent bien des changements pour lui : il quitte son village natal et s'établit à Arras, puis à Sainte-Catherine. Sans que nous sachions très bien pour quelles raisons, il abandonne alors sa profession. Témoin de son temps. En effet, Joseph Quentin se déclare "naturaliste-préparateur" lorsqu'il épouse à Arras, le 12 août 1885, Eléonore-Margueritte Gayet, fille de cafetier arrageois. Douce et effacée, mais attachante et généreuse, la jeune femme élève avec beaucoup d'amour la petite élise. Trois enfants sont issus de cette seconde union. A la naissance de Joséphine, en 1887, la famille demeure au 60, rue des trois visages à Arras. Joseph Quentin exerce encore la profession de naturaliste à la naissance de Charles, en 1890. Mais en 1894, date de la naissance de Marcel, il se déclare "photographe". A partir de cette date, Joseph Quentin exerce cette activité officielle sans abandonner totalement la taxidermie au service de laquelle il met, sa vie durant, ses talents photographiques.

Depuis 1890, la famille est fixée à Sainte-Catherine, 58 route nationale, à l'endroit où la grande route croise le chemin des trois fontaines. Pendant près de 60 ans, Joseph Quentin y demeure. A la suite de quelle rencontre Joseph Quentin s'intéressa-t-il à la photographie ? Selon son ami M. Hémery, il est possible qu'il fut séduit pas cet art qu'exerçait alors une remarquable pionnière : Madame Gheerbrant de Saint Nicolas les Arras. Notons aussi qu'il a sans doute eu l'occasion de rencontrer Eugène Cuvelier photographe amateur (1837 - 1900) fils d'Adalbert, inventeur avec Grand-guillaume du cliché-verre, et Julien Gonsseaume (qu'il photographie à diverses reprises), peintre et photographe (1839-1924), qui semble exercer dans les mêmes années que Quentin. Peut-être n'eut-il pour tout guide que quelques manuels destinés aux débutants.

Comme tant d'autres, il a dû compter d'abord sur lui-même pour s'initier au fonctionnement du lourd et encombrant appareil de prises de vue, puis au développement des négatifs, enfin au maniement du flash au magnésium. Quentin supplée cette absence de formation théorique par des dispositions naturelles et par un travail intense. Les premières prises de vues qui subsistent semblent remonter à 1891, ce qui confirme l'hypothèse selon laquelle Joseph Quentin aurait débuté sa carrière photographique peu de temps après la naissance de Charles, le 18 avril 1890.

Extrait tiré de "Joseph Quentin, le photographe artésien"





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